GEJ11 Expérience psychique de Phoikas

Publié le par estaran

GEJ11 C12
GEJ11 CH12 Expérience psychique de Phoikas

 

1. Ce n'est qu'au bout d'un temps assez long qu'ils revinrent à eux, et alors, ils s'émerveillèrent sans fin, se racontant les uns aux autres où les avaient conduits et ce que leur avaient montré leurs guides d'un moment, qui avaient disparu à l'instant où ils s'étaient éveillés.

2. J'invitai Phoikas à faire son récit, et il commença aussitôt par ces mots : « Seigneur et Maître, ce que j'ai vu était la merveille des merveilles, et pourtant, c'était bien différent de ce que les hommes s'imaginent de la vie dans l'au-delà !

3. L'ange que Tu m'avais assigné m'a conduit à son domaine, qui est déjà tout un monde sur lequel il règne en maître sans partage, tel un petit roi. Il m'a emporté - du moins mon âme, car mon corps pesant n'aurait jamais pu entre prendre un tel voyage -, mais sans que je sentisse d'aucune manière la perte de mon corps, et je sais donc fort bien à présent que ce corps n'est qu'un vêtement pesant et souvent maladroit que l'âme reçoit pour se protéger, afin qu'elle puisse s'y développer convenablement - mais lui-même privé de vie, car, étant en soi une chose morte, il est en vérité tout à fait hors de la vie.

4. Cet esprit angélique m'a donc emporté vers une région solaire tout à fait inconnue de moi - bien que j'y aie vu des planètes tournant autour d'un soleil, comme elles le font ici -, et il m'a montré de la façon la plus claire qu'il avait la charge de cette région, car tout y obéissait très ponctuellement à sa parole. Cependant, il ne disposait de la toute-puissance qu'en abandonnant sa volonté à la Tienne, reconnue par lui comme la seule bonne et juste - aussi n'avait-il aucune difficulté à se soumettre à cette volonté supérieure et à la mettre en œuvre. Toutes les espèces merveilleuses d'animaux et de plantes que j'ai vues étaient ses idées : lorsque, en quelque sorte, Tu les avais examinées et trouvées conformes à Ta pensée créatrice, il les rendait manifestes, puis fixait ces pensées en les maintenant en lui-même et en les façonnant dans la matière. C'est ainsi qu'il créait chaque chose.

5. Par exemple, j'ai vu cet ange façonner en lui une nouvelle planète qui devait être la demeure d'hommes à venir. Il m'a montré comment l'idée se formait - un peu comme un artiste crée en lui-même une image qu'il se représente dans tous ses détails. Mais, comme il s'efforce de ne concevoir que ce qui est juste et bon à Tes yeux, dans son cœur, il s'est uni à Toi, Père éternel omniprésent, et T'a en quelque sorte exposé son projet. Tu lui as dit, non en paroles, bien sûr, mais en esprit : "Cela est bon et juste à Mes yeux - fais-le." Et aussitôt, l'esprit de l'ange s'anima en lui et s'emplit d'une puissante volonté : dans une sorte de bouillonnement, une boule apparut à la surface du soleil sur lequel il règne, puis s'en détacha et fut projetée au loin, où elle se mit à suivre une trajectoire en tout point conforme à l'image que j'avais vue auparavant.

6. En créant ainsi non seulement devant Toi, mais en Toi, il éprouve la plus grande félicité concevable : car ce n'est qu'ainsi que cet esprit angélique peut se rapprocher de Ta perfection et ressembler à son Créateur.

7. Il ne nous est pas donné, bien sûr, de goûter la moindre parcelle de cette félicité, que nous ne saurions supporter : pourtant, je me représente tout à fait clairement désormais que l'on ne peut trouver et éprouver la félicité qu'en agissant, en Toi et hors de Toi, dans la chaîne qui nous lie à Toi, et à travers Toi à Tes créatures, par l'amour le plus ardent, et non dans l'inactivité et dans l'admiration oisive de la Création. Si nous nous contentions, nous, les hommes, de contempler Ta grandeur sans apprendre à la concevoir dans l'activité, elle nous écraserait au lieu de nous rendre capables de progresser.

8. C'est pourquoi je m'emploierai désormais de toutes mes forces à trouver, par l'amour de Toi, Seigneur, et de mon prochain, ce bon maillon de la chaîne, afin de devenir un jour capable moi aussi d'œuvrer dans Ton royaume comme cet esprit angélique : car cet aimable ami céleste m'a expliqué si clairement que cela était possible, et que chacune de Tes créatures en était capable, que je l'ai assez compris pour ne plus jamais renoncer à ce but accessible.

9. Et je Te dois la plus profonde gratitude, ô Seigneur et Maître, pour m'avoir mis dès cette vie en mesure de contempler et de concevoir une chose aussi merveilleuse ! A présent, mon âme n'est plus désolée, mais toute emplie de cette connaissance purement céleste, et de la plus profonde gratitude envers mon Seigneur et mon Créateur, qui, au terme de ma vie, m'a si merveilleusement tiré des profondeurs de la mort pour me mener vers les hauteurs de la vraie vie. »

10. Je dis : « Tu t'es efforcé de décrire aussi clairement que possible les choses que tu avais vues, et ceux qui sont ici t'ont fort bien compris, parce qu'ils en ont tous vu de semblables. Mais ceux qui en entendront parler par la suite n'en auront qu'une faible idée, ne les ayant pas vues - à moins que l'on n'ouvre aussi leur vision intérieure. Tant que l'homme vit encore dans son corps, qui le contraint à préserver en tout une sorte d'équilibre mesurable, il ne peut guère concevoir les choses les plus hautement spirituelles, parce qu'il veut les mesurer elles aussi et les éprouver par ses sens peu développés, ce qui est aussi difficile que de vouloir faire tenir un seau d'eau dans une mesure d'une once. Il vaut donc mieux ne rien dire à quiconque de ce que vous venez de voir, car cela ne profitera qu'à vous sans pouvoir être compris des autres, comme vous devez bien le sentir vous-mêmes.

11. A présent, sortons à nouveau, car Je veux accorder un dernier bienfait à ce village ; après quoi nous reprendrons notre route aujourd'hui même. »

 

 

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