GEJ11 La vision d'Ebal

Publié le par estaran

GEJ11 C18
La vision d'Ebal

 

1. Quand les disciples s'éveillèrent de l'espèce de torpeur où ils étaient tombés, ils s'étonnèrent tous de s'être soudain si profondément endormis, et Me demandèrent ce qui leur était arrivé.

2. Je leur dis : « Ne Vous souciez pas de cela : car il arrivera encore bien des choses sur lesquelles vous vous interrogerez sans recevoir aussitôt la réponse. Mais, le moment venu. vous saurez ce qu'il en est. »

3. Or, il y avait parmi ceux qui Me suivaient un Juif du nom d’Ebal qui, ayant en son cœur pleinement embrassé Ma doctrine, s'efforçait avec le plus grand zèle d'éveiller son esprit. Sa vie précédente avait développé en lui de grandes qualités d’âme, grâce à quoi il avait reçu le don de seconde vue, c'est-à-dire la faculté de voir en lui-même les événements passés ou à venir.

4. Ebal s'avança donc vers Moi et Me dit : « Seigneur et Maître, quand, dans les heures paisibles, Tu es présent à mes pensées, à chaque fois mon âme frémit de douleur. Je vois se lever en moi de sombres images qui me paraissent annoncer des choses effroyables. J’ai bien souvent scruté l'avenir et le passé, mais sans jamais éprouver cette douleur qui me saisit lorsque je pense à Toi et à ces images qui visitent mon esprit. »

5. Je lui dis : « Dis-nous Mon cher Ebal, quelles sont ces images que tu aperçois, afin que ceux-là aussi sachent ce qu'éprouve ton âme. »

6. Ebal : « Seigneur, Je vois les portes du ciel ouvertes, et une grande lumière rayonne jusqu'à moi des profondeurs incommensurables de la Création. Une voix me dit : ''Voici la lumière du monde, elle est descendue chez les hommes et a élu domicile chez toi !"

7. Et puis, Je T'ai vu marcher, et Tu étais inondé de cette lumière qui Te pénétrait tout entier : dans Ton cœur, j'ai vu briller une flamme dont la lumière ne cessait de croître. Et, plus ce feu rayonnait clairement, plus la lumière du dehors s'estompait.

8. Ensuite, j'ai vu s'approcher une forme sombre qui a cherché à cacher Ta lumière, et je voyais aussi les légions célestes assister avec angoisse à cette tentative. Or, plus la créature s'efforçait de Te recouvrir de ténèbres, plus la lumière en Toi rayonnait, et à la fin, aveuglée par ce violent éclat, elle est tombée à Tes pieds. Alors, touchant la créature qui gisait à présent comme morte. Tu lui dis : ''Heureux ceux qui font pénitence, et il n'est pas de péché si grand qu'il ne puisse être pardonné si le pécheur le demande en Mon nom ! Demande toi aussi, afin que tu puisses être pardonné !"

9. Je vis ensuite Tes mains et Tes pieds être percés de part en part, et de Ton cœur coulait une goutte de sang. La créature gisant à Tes pieds aspira cette goutte de sang, et alors, elle reprit vie et se mit à briller de plus en plus, jusqu'à devenir enfin toute lumineuse et rayonnante. Et une voix retentit dans le ciel "Voici Mon Fils que J'ai envoyé afin qu'Il Me ramène celui qui était perdu, et Il n'a pas craint de mourir afin de fortifier et de vivifier les faibles par le sang de Son cœur. Salut à Lui, car J'élis désormais pleinement domicile en Lui, et nous ne faisons plus qu'Un pour l'éternité !"

10. Quand cette voix eut retenti, je revins à moi, et je vis près de moi la même créature sombre qui souriait d'un air moqueur, comme si elle voulait me dire quelque chose, après quoi elle disparut.

11. Seigneur et Maître, dis-moi ce que tout cela signifie : car c'était une chose magnifique, et pourtant, comme je l'ai dit, j'éprouve à chaque fois que je la revois une douleur si profonde que j'en reste souvent privé de raison et de sentiment ! »

12. Je dis : « Ebal, ton âme perçoit ce qui arrivera dans les jours à venir, mais en même temps, elle s'effraie d'événements dont elle ne peut encore découvrir ni concevoir le but ultime. C'est pourquoi elle en est oppressée, et elle se sent prisonnière de toutes ces impressions incompréhensibles dont elle voudrait se défaire sans y parvenir, précisément parce qu'elle ne les comprend pas. Elle éprouve donc la même souffrance qu'un homme enchaîné qui se débat et cherche à se débarrasser de ses chaînes. Efforce-toi d'enflammer davantage ton cœur de l'amour de Dieu. Sois en paix dans ton cœur et écoute la voix de ton esprit, et tu ne tarderas pas à trouver dans la vraie connaissance et dans la patience un couteau aiguisé qui tranchera tes chaînes.

13. Tous ceux qui, comme toi, ont cette disposition qui permet à leur âme de s'étendre au loin, de sorte qu'elle perçoit déjà les ombres projetées par l'avenir et qu'elle peut ressusciter en elle le passé et le contempler, qu'ils s'exercent avant tout à la patience et au calme, afin que leurs visions ne les oppressent pas, mais qu'ils puissent les comprendre pleinement.

14. Il en est ainsi de toi, et l'avenir se chargera bientôt de te montrer ce qu'il y avait de vrai dans ta vision.

15. Mais cessons à présent ces discours. Accordez à vos corps le repos nocturne dont ils ont encore besoin : il sera particulièrement bienfaisant dans l'air pur de cette montagne, sous le dais des étoiles. Car un Gros travail nous attend demain, que J'accomplirai certes seul en apparence, mais vous tous aussi intérieurement, aussi devez-vous être prêts et vous fortifier en vue de cette tâche. »

16. Ebal s'éloigna de Moi, et tous ceux qui étaient là se couchèrent sur le sol de terre et de mousse, qui offrait une couche moelleuse. Veillés par Mon esprit, ils dormirent paisiblement, dans la grande maison du Père, d'un doux sommeil d'enfants, et, pour la dernière fois, Ma volonté leur accordait sa sollicitude inconditionnelle : car, à partir de ce jour là, Ma loi extérieurement contraignante se retira d'eux peu à peu, afin de permettre aux contradicteurs d'avoir prise sur eux selon le degré qu'avait atteint leur foi, et de les laisser s'exercer à agir par eux-mêmes au lieu d'être sans cesse environnés de Ma puissance divine, qui les protégeait à leur insu et les pourvoyait de tout ce dont ils avaient besoin sans qu'ils eussent à s'en soucier. Et l'on verrait dorénavant jusqu'à quel point Mes enseignements et Mes actes les avaient mûris et rendus autonomes.

 

 

Commenter cet article