GEJ11 L’homme maître de la nature

Publié le par estaran

GEJ11 Chapitre 3
L’homme maître de la nature

 

1. Tout enflammé de colère rentrée, l’aubergiste qui s’appelait Mucius, vint nous rejoindre dans notre salle séparée de la salle voisine par une solide porte qui ne laissait craindre aucune surprise, et dit en tremblant de fureur : Seigneur et Maître, voilà encore une nouvelle preuve de ce que j'avançais hier, quand je déclarais que les gens de Jérusalem, et surtout ceux du Temple, étaient pires que les plus dégoûtants des porcs ; car leur malice essaie à présent de m'attirer dans les filets du Temple. J'aurais bien voulu tomber sur ces misérables, et leur faire goûter du tranchant de mon glaive, qui n'est pas encore rouillé dans son fourreau, loin de là mais alors, j’ai senti dans mon cœur Ta parole apaisante, je lui ai obéi, et, grâce à elle, j’ai même pu garder une apparence calme et indifférente.

2. Et tu as fort bien agi, répondis-Je à l'aubergiste courroucé, car, sans cela, tu aurais détruit un autre travail que Je suis venu accomplir ici. Sois donc tranquillisé, Mon cher Mucius, car ainsi, tout est pour le mieux !

3. Mais à présent, sortons. Il y a là, près de ta maison, un fort beau jardin, assez grand pour que nous nous y entretenions sans être dérangés comme ici, et décider ce qu'il faut faire de ces gens qui te fâchent si fort. »

4. Quand nous fûmes dans le jardin, ils s'émerveillèrent tous de le voir arrangé avec un goût si remarquable. Sur ce lopin de terre relativement petit, Mucius avait su planter avec grand soin une quantité de fleurs et d'arbustes ornementaux de toute sorte, qui, artistement répartis, donnaient à ce jardin une apparence des plus aimable. Aussi les disciples louèrent-ils fort notre aubergiste, disant que ce jardin était l'image fidèle de son être intérieur, qu'il avait dû cultiver avec tout autant de soin, comme ses propos en avaient déjà témoigné.

5. Mucius leur expliquait à présent qu'il avait toujours eu grand plaisir à passer là des heures de recueillement paisible, et que son âme souvent trop ardente, donc sujette à de faciles emportements, y trouvait toujours le calme et la tranquillité. De plus la vie lui semblait moins lourde à supporter lorsqu'il avait fortifié son âme par la contemplation des nombreuses merveilles naturelles qu'il trouvait ici. Il est vrai que cette contrée du Jourdain jouissait d'un climat particulièrement favorable qui lui rappelait souvent les contrées méridionales de l'Afrique et de l'Asie, qu'il avait également eu l’occasion de connaître lorsqu'il était soldat - et pourtant, il lui avait toujours semblé que la floraison remarquable de son petit jardin devait avoir une signification particulière : car, lorsqu'il avait planté un arbre, un buisson ou une touffe de fleurs, ceux-ci ne dépérissaient jamais, comme cela arrivait assurément parfois chez ses voisins, et tout ce qu'il plantait et soignait avait toujours prospéré et porté de beaux fruits. Mes disciples s'en étonnèrent à leur tour, et Pierre Me demanda d'où cela pouvait venir.

6. Je répondis : « Les pensées et les faits et gestes d'un homme, comme sa disposition spirituelle intérieure, sont toujours en harmonie avec son environnement extérieur, et cela entraîne des influences réciproques immédiates. Vous savez, car Je vous l'ai déjà dit, que tout homme est environné extérieurement d'une sphère vitale grâce à laquelle il puise dans l'air qui l'entoure des influences spirituelles qu'il utilise pour nourrir et agrandir son moi psychique*.

7. De même, il émane de lui en retour une matière spiritualisée que le monde inférieur qui l'entoure absorbe avidement. Si l'homme est bon, plein de nobles aspirations et d'amour pour Moi, ces particules émises par lui auront elles aussi de bons effets, apaisants et bienfaisants. Si ce n'est pas le cas, l'effet sera inverse.

8. Vous voyez donc ici l'effet bien faisant sur toutes les plantes de la sphère de vie qui émane de Mucius. Comme il a lui-même mis en place et longuement soigné chacune des plantes qui sont ici, il les a enveloppées bien des fois dans cette sphère, et elles ont saisi avec empressement l'occasion d'absorber en elles ces influences apaisantes. C'est pourquoi tout est encore fleuri et vert dans ce jardin, alors qu'on remarque fort bien, dans les autres, que l'automne est déjà avancé.

9. Car, lorsqu'il vit selon Ma parole et qu'il aspire à Mon esprit, l'homme est maître de la nature, et, s'il peut l'être, c'est grâce à cette faculté que Je viens de vous expliquer - car tout, dans l'univers, aspire à sa forme et à sa perfection, et cherche à s’en approcher autant que possible.

10. C'est pourquoi l'homme a en lui le pouvoir d'attirer à lui toutes les créatures, et elles le suivent volontiers, parce que l'impulsion de perfection qui existe déjà en elles leur en donne le désir. Mais, bien sûr, seul un homme accompli est capable, par exemple, de maîtriser suffisamment l'instinct des bêtes féroces pour que le désir profond de perfection qui réside en elles aussi puisse triompher de leurs pulsions les plus féroces, et qu'elles deviennent alors comme de vrais agneaux, avant reconnu en l'homme l'autorité suprême, c'est-à-dire la perfection de la forme et de la force spirituelle.

11. Tout homme qui s'y efforce reconnaîtra les progrès qu'il accomplit dans la maîtrise de la nature à mesure que la renaissance de l'esprit s'effectue en lui, jusqu'à ce qu'il finisse par régner sur elle.

12. Aussi, Mucius, continue dans ton cœur à servir le Dieu suprême, et tu verras se produire bien d'autres merveilles que celles que tu as trouvées jusqu'ici dans ton jardin !

 



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