GEJ10 Profession de foi de Pierre.

Publié le par estaran

GEJ10 C212
Profession de foi de Pierre. Pierre demande l'explication de la parabole du semeur

 

1. Quand J'eus achevé cet enseignement, Simon Juda, dit Pierre, se leva et Me dit : « Seigneur, nous Te rendons grâce nous aussi de ce très grand enseignement ; car ce n'est qu'à présent que je ressens au tréfonds de mon âme que Tu es bien, selon Ton corps, le fils de Dieu, et donc véritablement ce Christ dont les prophètes ont tant parlé, à commencer par Moïse, mais aussi, avant Moïse et depuis Abraham, les premiers grands patriarches éclairés de l'humanité. En vérité, je ne pourrais plus guère T'importuner par une autre question, car il me semble à présent que tout est clairement devant moi comme dans une image magnifique. »

2. Je lui dis : « Tu as bien parlé, Simon Juda, parce qu'il en est bien ainsi ; pourtant, tu t'enfuiras avec les autres brebis quand le berger sera abattu ; car l'homme doit donner bien des preuves de sa foi avant de devenir parfait et semblable à son Maître. Souviens-toi de ces paroles, car toi aussi, un jour viendra encore où tu Me renieras tout à fait par crainte du monde ! Ensuite, tu changeras certes d'avis et fortifieras ta foi - mais tu ne le feras pas de toi-même, mais bien par Mon esprit en toi, qui t'y forcera en te tirant littéralement par les cheveux ! »

3. Simon Juda répondit : « Seigneur et Maître, nous qui sommes avec Toi depuis le commencement et qui avons tout quitté pour Toi - champs, maisons, femmes et enfants -, n'est-il pas étrange que Tu ne puisses jamais rien nous annoncer de vraiment bon ? »

4. Je dis : « Si Je ne vous avais créés que pour ce monde, Je pourrais certes ne vous annoncer que des choses bonnes pour ce monde ; mais, puisque Je vous ai appelés à Moi et à Mon royaume de l'au-delà, pourquoi donc t'inquiéter si Je ne peux rien t'annoncer de bon et d'agréable qui vaille pour ce monde ? Tu sais déjà que le monde est en soi mauvais et ignorant, et qu'il n'aime et ne favorise que ce qui lui ressemble ; ce qui n'est pas comme lui, il le persécute et le condamne.

5. Or, comme Moi, vous n'êtes pas de ce monde, mais d'en haut et c'est pourquoi le monde nous persécute et nous hait ; puisqu'il en est ainsi, Mon cher Simon Juda, Je ne peux te prédire de la part de ce monde que ce que Je vous ai toujours prédit ! Comprends-tu bien cela ? »

6. Simon Juda répondit : « O Seigneur et Maître, je le comprends bien, mais en même temps, je ne me sens guère différent de notre ami le juge : en Ta présence et devant Ta perfection infinie, on se sent tout anéanti !

7. Mais puisque je suis en train de parler, je voudrais Te demander de nous expliquer encore un peu une parabole sur le royaume de Dieu que Tu nous as dite un jour, près de Bethsaïde. Tu nous en avais certes donné alors une fort bonne explication ; mais, quant à la comparaison elle-même, je n'ai jamais pu m'y retrouver tout à fait, même avec la meilleure volonté du monde.

8. Cette parabole disait que le royaume de Dieu, qui est la même chose que le royaume des cieux, est comme un semeur qui irait semer du blé dans son champ. Pendant qu'il semait, une partie de la semence, tombée sur les chemins, a été bientôt piétinée pour une part, et mangée par les oiseaux pour le reste, elle n'a donc pas levé et n'a pas donné de fruit. Une autre partie, tombée sur les pierres et les rochers, a certes levé tant qu'elle a trouvé de l'humidité, mais celle-ci s'est bien vite dissipée, et la graine, n'étant plus nourrie, a séché et n'a pas donné de fruit. Une autre partie de la semence est tombée au milieu des épines et des broussailles, elle a levé aussi, mais les épines et les broussailles ont bien vite pris le dessus et l'ont étouffée, et celle-là non plus n'a pas donné de fruit. Seule une partie est tombée sur une bonne terre, et celle-ci a fructifié au centuple.

9. Telle était cette parabole, ô Seigneur et Maître, et quand, après ce récit, nous T'avons demandé : "Où cela, et comment ? », Tu nous a répondu : il vous est donné à vous de comprendre les mystères du royaume de Dieu, mais non aux autres hommes, de même qu'il est écrit : "Ils auront des yeux et ne verront pas, ils auront des oreilles et n'entendront ni ne comprendront !"

10. Ensuite, Tu nous as expliqué cette parabole, et nous étions tous fort satisfaits de cette explication, mais pas tout à fait de l'image elle-même, et ce jusqu'à ce jour.

11. Seigneur et Maître, si c'est de nous que Tu parlais ainsi, nous que Tu destines à répandre parmi les hommes Ta doctrine qui est le vrai royaume de Dieu sur terre, si c'est nous que Tu représentes comme ce semeur, alors, cette parabole serait pleinement justifiée ; mais si c'est Toi-même que Tu représentes comme le semeur, je continue à trouver cette image quelque peu singulière, parce que je ne peux me figurer qu'un semeur intelligent jette les trois quarts de son bon grain là où l'expérience aurait dû lui apprendre depuis longtemps que l'on ne doit pas semer, à savoir sur les chemins, les pierres, les rochers, les épines et les broussailles, parce que ces endroits ne sont pas propres à faire pousser le bon grain et le semeur doit bien être assez avisé pour préparer d'abord un bon champ afin d'y semer son bon grain, et que celui-ci lui en rapporte cent fois plus.

12. Or, Seigneur et Maître, Tu es un semeur infiniment plus sage que nous ne le serons jamais, nous tous, aussi me semble-t-il toujours que je commettrais un grand péché si je Te croyais aussi malavisé ; mais si c'est nous, Tes disciples, que Tu désignes par ce semeur malavisé, alors, comme je l'ai dit, cette image est tout à fait bonne - car il y a en nous encore beaucoup de stupidité et d'ignorance.

13. De plus, Tu nous as avertis bien des fois que nous ne devions pas jeter aux pourceaux Tes perles, qui sont la même chose que le grain très pur, et donc aussi que le royaume de Dieu ; je crois donc bien qu'avec cette parabole, Tu as voulu nous dire que nous ne devions pas semer Ton grain par les chemins, ni sur les pierres et les rochers, ni parmi les épines et les broussailles, parce qu'il ne donnerait pas de fruit. Seigneur et Maître, ai-je bien expliqué ainsi cette parabole ? »

 

 

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